Congrés Fédéral 6 Novembre 2005 Discours Jean-Francis Dauriac

Publié le par Jean-Francis Dauriac

Discours Congrès Fédéral

 

 

Savigny le Temple, dimanche 6 Novembre 2005

 

 

 

 

Nous avons tous été profondément choqués par l’embrasement sans précédent de nos banlieues, ces images dramatiques de voitures qui flambaient, de bâtiments publics qui étaient attaqués et détruits. Des images qui ont bouleversé la France, et qui reprises de par le monde,  ont suscité étonnement et indignation bien au-delà de nos frontières.

 

 

 

 

La condamnation de la violence est bien sûr unanime. Les appels au calme, étaient bien sûr la moindre des choses. Mais au de là ?

 

 

 

 

Ce drame n’était il pas prévisible ?

 

 

 

 

N’est il pas annonciateur de  problèmes majeurs dans notre société, coupée en deux, entre ceux, confortablement installés, qui n’ont rien à perdre, ni à craindre, et les autres de plus en plus nombreux, des exclus aux classes moyennes, en passant par la grande masse  des salariés qui n’ont plus les moyens de se payer un logement, de boucler leurs fins de mois, d’élever leurs enfants et de leur offrir de réelles perspectives de promotion sociale ?

 

 

 

 

  1. N’est il pas révélateur d’une société qui perd ses repères et aurait renoncé à ses valeurs les plus essentielles ?

     

 

 

Car nous entendons déjà cette droite- et pas seulement la droite-  ces intellectuels et pas des moindres-  qui y voient le signe de l’échec –je cite- du « modèle franco français d’intégration républicaine » ?

 

 

 

 

Posons nous la question : est ce le signe de l’échec de notre modèle d’intégration républicaine, ou celui de notre abandon, de notre renoncement à nos propres valeurs républicaines et laïques ?

 

 

 

 

Quand depuis fort longtemps déjà, des hommes et des femmes vivent sans aucun espoir et  de surcroît, savent que leurs enfants, n’en auront, dans leur grande majorité, pas plus qu’ils n’en ont eu ? Croyons nous que des millions de gens qui n’ont rien à perdre, auxquelles nous n’offrons aucune chance, aucune perspective  vont rester durablement silencieux, respectueux de notre société ? Croyons nous qu’ils sont crédibles pour enseigner à leurs enfants et petits enfants les vertus de la vie en société que nous leur proposons ?

 

 

 

 

Quand depuis déjà des décennies, droite et gauche, se contentent de réponses technocratiques et de « gestionnaires à courte vue » dans des zones qui appellent un véritable plan Marshall ?

 

 

 

 

Quand l’Etat, et les collectivités territoriales diluent et se disputent le pouvoir  alors que plus que jamais les solutions reposent face à des enjeux aussi fondamentaux pour notre avenir à tous, sur le rétablissement de la puissance publique et de l’autorité de l’Etat ?

 

 

 

 

Quand la laïcité est oubliée ou battue en brèche, alors qu’elle est le seul moyen de faire vivre ensemble des hommes et des femmes de culture et religions différentes. Quand elle est réduite à une exception française alors qu’elle n’est que le prolongement des droits de l’homme et du citoyen, et une solution d’avant-garde pour tous les pays, de plus en plus confrontés au brassage des cultures, au pluralisme religieux….

 

 

 

 

La vérité, est bien  que nous avons renoncé à appliquer et à promouvoir  nos valeurs laiques et républicaines dans nos banlieues et au de là de nos frontières.

 

 

 

 

 

 

  1. N’est il pas révélateur d’une grave menace pour la politique et à travers elle pour la démocratie ?

     

 

 

Car, les mêmes qui utilisent ces drames, pour contester, notre modèle laïque et républicain, dénoncent déjà l’échec des politiques, de tous les politiques de droite comme de gauche, et à travers eux, la représentation nationale et la démocratie. Ce sont les mêmes qui bientôt nous accuseront, et seront entendus au son de –ça c’est bien vrai ou ça n’est pas tout à fait faux- quand ils nous accuseront de n’être que des pompiers qui éteignent des incendies et de ne plus anticiper à moyen et long terme, pour éviter que des feux ne s’allument, pour éviter que des feux ne s’embrasent. C'est-à-dire de ne plus faire notre travail.

 

 

 

 

Le renoncement  à nos valeurs, serait aussi le signe de notre démission et de notre renoncement – souvent, au nom du réalisme et du pragmatisme-  à notre véritable rôle politique, qui n’est pas seulement de gérer l’immédiat, mais d’anticiper, de prévoir, de proposer de nouvelles perspectives  à moyen et long terme,  et pas seulement d’éteindre les feux qui s’allument ici ou là.

 

 

 

 

Car ce qui est vrai pour le problème des banlieues est vrai pour le vieillissement de nos populations, qui se dessine pourtant depuis des décennies. Arrêtons de nous étonner, lorsque des personnes âgées vivent dans des mouroirs et meurent de la canicule et de la chaleur ; Ne cachons plus  le problème de ces quatre ou cinq millions de jeunes de 20 à 30 ans, auxquels on a souvent donné des diplômes et promis une réussite mais dont 60% n’ont d’autres choix possibles que celui de vivre chez leurs parents. C’est vrai pour le logement, dont les prix ont flambé depuis des années, tandis que s’entassaient dans des foyers insalubres, les plus pauvres et les exclus, jusqu’au jour ou quelques immeubles insalubres s’effondrent ou s’enflamment eux aussi.

 

 

 

 

Et c’est peut être là, le véritable enjeu de notre Congrès. C’est peut être là, à ce niveau qu’il nous faut nous interroger et choisir en notre âme et conscience, ce que peut et doit faire notre parti, ce que nous voulons vraiment pour notre pays.

 

 

 

 

  1. Dans ce contexte, quel est le rôle de notre parti, quel est l’enjeu de ce congrès ?

     

 

 

L’attente de nos concitoyens et de nos électeurs est d’autant plus forte, qu’ils nous ont déjà maintes fois alertés et que chacune de leur sanction, doit être entendue comme un appel au secours.

 

 

 

 

Comment ne pas entendre cet appel, quand le Front National se retrouve au deuxième tour de l’élection présidentielle de 2002, et que les deux plus grands partis de France tombent à mois de 20 % pour celui de droite et à 17% pour celui de gauche, notre propre parti. Et je ne crois pas q’il s’agisse d’un « détail de l’histoire ». Il s’agit d’un malaise profond et durable.

 

 

 

 

 

 

 

 

  • Il est dangereux de l’occulter ou l’évacuer à l’heure ou la droite dispute à l’extrême droite les positions les plus réactionnaires. Après la remise en cause des retraites, de l’assurance maladie, du code du travail, de l’impôt sur les grosses fortunes, du service public, n’entendons nous pas parler de « karchériser des quartiers » de légaliser « des castrations chimiques » .

     

 

 

  • Il est dangereux de l’occulter ou l’évacuer quand, depuis des décennies, les victoires électorales sont dues à la seule sanction de ceux qui gouvernent, et jamais à des votes d’adhésion à un projet, ni à ceux qui s’opposent. C’était vrai en 2002, quand Jaques Chirac s’est retrouvé élu Président de la république, mais est on sûr que ce ne fut pas aussi le cas, avant lui en 1995 et après lui aux Régionales, aux européennes, et ici même dans notre département aux élections cantonales ? A force de voter contre ceux qui gouvernent, qu’ils soient de droite ou qu’ils soient de gauche, le danger est bien que les électeurs finissent par nous renvoyer tous dos à dos et rejettent en bloc la politique, avec tous les risques évidents et conséquences que cela suppose . 

     

 

 

  • Il est dangereux de l’occulter et l’évacuer, quand on sait de façon aussi certaine que l’électorat populaire, les ouvriers, les salariés, ces millions d’électeurs qui se sont dispersés en 2002, qui n’ont pas suivi notre parti au référendum européen  se détournent systématiquement de notre parti et quand prés de 70% d’entre eux n’ont plus confiance en la politique.

     

 

 

C’est pourquoi, nous pensons que ce Congrès –même s’il ne peut répondre à tout et tout de suite- doit marquer un véritable changement d’orientation, et créer dans notre pays un véritable sursaut.

 

 

 

 

Et ce changement d’orientation, ce véritable sursaut passe par la clarté de nos positions, la force de quelques propositions, un changement de direction, et le rassemblement de tous pour rassembler l’ensemble de la gauche et créer, non pas la seule alternance, mais une véritable alternative à la droite en 2007 et 2008.

 

 

 

 

Clarté de nos positions, en réaffirmant plus clairement notre ancrage à gauche, c'est-à-dire notre engagement à travailler d’abord pour les plus faibles, ceux qui sont le plus victimes de l’injustice, c'est-à-dire notre engagement à abroger les mesures les plus réactionnaires de la droite, et à retrouver le chemin de vos valeurs laïques et républicaines.

 

 

 

 

Une motion l’avait écrit, toutes les motions finissent par le reconnaître,

 

 

 

 

Force de nos propositions, par l’augmentation et du SMIC et du pouvoir d’achat, par la mise en œuvre d’un véritable droit au logement opposable, c'est-à-dire qui permette à ceux qui en sont privés de l’exiger par la loi,

 

 

 

 

Une motion l’avait écrit, toutes les motions finissent par l’admettre,

 

 

 

 

Changement de direction et rassemblement de la Gauche et seulement de la Gauche pour gagner en 2007 et 2008

 

 

 

 

Une motion l’avait écrit et…presque tout le monde en est d’accord,

 

 

 

 

Je dis presque tout le monde, car seule la motion 1, ne veut pas de changement de direction. Elle appelle bien au rassemblement, mais à la seule condition que ce soit derrière ses propres leaders. Si c’est derrière quelques autres, il semble bien qu’elle n’en veuille pas.

 

 

 

 

Nous pensons qu’elle a tort, car c’est nécessaire pour gagner. Car pour gagner, nous aurons besoin de tout le monde. Et si nous gagnons, tous trou vero nt bien une place et des responsabilités à la hauteur de leur compétence.

 

 

 

 

En conclusion

 

 

 

 

Soit on considère, que tout ne va pas trop mal, qu’en 2002, la gauche et nos électeurs se sont simplement trompés, qu’ils vont à présent nous demander pardon et voter pour nous.

 

 

 

 

Soit on considère que la crise  que nous traversons - économique,  sociale, et des valeurs- est réelle et dangereuse, que le rejet du politique, au de là de la gauche et de notre parti, est profond et durable,

 

 

 

 

 alors il nous faut en 2007 et 2008 un changement réel et en profondeur de la société.

 

 

 

 

  • Et pour qu’il y est un vrai changement, il est difficile de sortir de notre Congrès, en disant simplement, on garde les mêmes et on continue. Même s’ils n’ont pas démérité !

     

 

 

  • Et, pour qu’il y est un vrai changement il faut que notre Congrès montre aux français, que notre parti les a enfin entendus, qu’il est en train de changer et de se rénover.

     

 

 

  • Et que sur la voie de la rénovation, sur notre détermination à rendre la société plus juste et plus solidaire, sur notre capacité à  rassembler la gauche et à gagner en 2007 et en 2008,

     

 

 

…nous sommes tous capables de nous rassembler et nous mobiliser.

 

 

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Publié dans Qui sommes nous

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