Pourquoi a-t-elle perdue par Olivier Marec - PS Paris

Publié le par RAG-77; Rassembler à gauche 77

 2002 : L.JOSPIN, battu pour la deuxième fois , quitte théâtralement  la scène politique dès le premier tour , dans une dramaturgie solennisée particulièrement mal venue .

Qui lui demandait tant de pathos ? Sûrement pas les militants , tristes et déboussolés , qui auraient préféré plus d’humilité et plus de lucidité . 2007 : S. ROYAL , sèchement battue ( encore plus sévèrement  qu’au score socialiste de  v1995 ) , parade devant les caméras , euphorique, continuant à promettre à son fan club ce que les français ont rejeté le jour même . On ne lui demandait pas tant de cinéma  non plus . Simplement de l’humilité et de la lucidité . Contraste d’attitude seulement apparent , masquant en fait l’étrange incapacité de nos représentants , aveuglés par leur nombrilisme , à prendre la juste mesure de leurs responsabilités dans l’échec. Pourquoi S.ROYAL échapperait -elle aujourd’hui au devoir d’inventaire dont le Parti Socialiste s’est si mal acquitté envers son prédécesseur ? Après avoir mis à terre le drapeau du socialisme , est-elle la mieux placée pour le relever ? Nous ne le pensons pas.   L’échec de 2007 n’est en effet pas seulement  imputable aux défauts d’analyse de l’ensemble du Parti mais aussi aux déficiences sérieuses de notre candidate .Sur les défauts d’analyse du Parti , tout ou presque est en train de se dire et s’écrire et notamment  le caractère fourre-tout du Projet , promettant tout à tout le monde, bien à l’image des méthodes du Premier Secrétaire . Nous souhaitons insister sur les déficiences d’analyse des évolutions socio-économiques qui traversent en profondeur la société française . Nous n’avons pas de mal , armés du vieux corpus idéologique des théoriciens des origines du socialisme , à stigmatiser  avec raison  les effets du libéralisme et de la mondialisation , rendant les riches toujours plus riches et les pauvres toujours plus pauvres.  Mais nous nous révélons incapables de comprendre les classes moyennes et de leur parler le langage qu’elles attendent . Comprendre d’abord que leur nombre a considérablement augmenté depuis 30 ans , à proportion de la forte diminution des classes ouvrière et paysanne .Comprendre ensuite  que leur niveau de vie , certes menacé aujourd’hui , a progressé continûment dans les dernières décennies , faisant naître des aspirations légitimes au confort , aux loisirs , à la culture et à la sécurité  . La question centrale du logement en France mérite à cet égard de ne pas être abordée seulement au regard compassionnel de la situation des SDF . Sait-on que , depuis dix ans , plus de six millions de français ont accédé à la propriété ? Qui sont ces familles ? uniquement les dirigeants du CAC 40 ou les émirs du pétrole ?  Les élus et les professionnels qui les rencontrent au quotidien savent bien au contraire que , derrière leur achat immobilier , se concentrent des années passées et à venir d’effort d’épargne et de restriction , de projection d’une image sociale et d’espoir de transmission d’un petit patrimoine . Or quel message leur adressent nos représentants  ?  Englués dans leurs tentatives médiocres de dissimulation d’assiette de leur propre ISF , ils expliquent doctement que l’on est riche à plus de 4000 euros mensuels et qu’au PS on n’aime pas les riches ! Ils vilipendent aussi les exonérations des droits de succession et stigmatisent les préoccupations sécuritaires des banlieues pavillonnaires . Quel obscurantisme ! Quelle méconnaissance des réalités sociologiques de la France actuelle Quelle pauvreté de message , alors qu’il importe de rassurer et protéger  ces couches sociales , inquiètes des menaces de paupérisation pesant sur elles et leurs enfants . Il appartiendra donc à nos futurs représentants , non seulement de réaffirmer avec force , comme l’a toujours fait L.FABIUS , la priorité des mesures sociales pour les plus démunis mais aussi de trouver un langage et des mesures nouvelles pour les classes moyennes .  Quant aux causes personnelles de l’échec de notre candidate , sans affirmer nécessairement que tel autre candidat aurait fait un  score gagnant , elles ne doivent pas être sous-estimées . Rendre hommage à sa ténacité , à son énergie , à sa capacité réelle à impulser des idées nouvelles sur des sujets importants comme la famille ou l’éducation ne doit pas masquer le déficit global de crédibilité dont elle a fait pâtir l’image du PS . Il est de bon ton d’invoquer des délais trop courts de préparation ou un travail de sape des  «  éléphants » . Ces alibis ne tiennent pas . S.ROYAL a fait le choix d’imposer aux électeurs un long temps d’écoute et de démocratie participative . Pourquoi pas ?  Mais au terme de ces semaines d’ascèse démocratique, on pouvait légitimement  espérer que la candidate à la magistrature suprême aurait des idées claires sur des sujets aussi secondaires que le mode de financement des retraites ou l’élargissement de l’Europe à la Turquie . S’ajoutant à une instrumentalisation excessive de la féminitude dans laquelle une majorité de femmes ne se sont pas reconnues , ces faiblesses , face à un adversaire dont on savait de longue date la capacité à représenter une droite décomplexée , ont été fatales , alors même que la gauche était donnée gagnante quelques mois auparavant . La lucidité sur ces analyses , couplée à une critique offensive des premières mesures du nouveau gouvernement  , permettront , souhaitons-le , de mener la bataille législative dans des conditions aptes à relever le drapeau vacillant de la gauche .      O.MAREC     PS Paris

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Publié dans Congrés 2008

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