32 jours de mai, le roman de Martine Storti

Publié le par Jean-François Chalot

Coup de foudre social et amoureux De Jean-François Chalot Mai juin 68, un mouvement social, une révolution en marc he trahie par les appareils…L’histoire a donné lieu à de nombreuses analyses plus ou moins fines…Il ne s’agit pas là d’une « énième » lecture de ce « joli mois de mai » mais d’une œuvre très originale. Ce livre se présente comme un roman avec en toile de fond les « 32 jours de mai » : des premières mobilisations aux derniers soubresauts de juin … L’auteure nous narre l’histoire d’amour entre deux femmes, toutes deux militantes du mouvement : l’une comme enseignante, l’autre comme étudiante…Le lecteur suit à la fois ce sentiment très fort qui prend corps et attend la fin du mouvement pour se conclure et les « événements » décrits et même analysés au jour le jour ou presque. L’éveil politique, la réflexion en mouvement, les hésitations, le refus de toute récupération, l’envie d’agir, de changer la vie non artificiellement mais réellement en mettant à bas ce vieux monde…Voici ce que nous fait vivre Martine Storti. Sa  plume alerte est rapide : le rythme et la réflexion se combinent harmonieusement pour notre plaisir.La plume ne dérape jamais, même si parfois le ton est acerbe, sans pitié.Les appareils sont là, présents, les uns, traditionnels pour canaliser le mouvement ou le récupérer, les autres plus petits imposant leurs « doctes » interprétations et leurs solutions…Il ne s’agit pas de tout dénoncer, certains trahissent, d’autres piétinent et entraînent les étudiants dans leurs débats intergroupusculaires…On ne se situe pas sur le même registre. Mais avant le retour à l’ordre, c’est à dire au règne du capital , il y a cette grande explosion que Martine Storti nous fait revivre : «  A-t-on déjà ressenti cette légèreté qui a conquis Paris, cette allégresse qui traverse les quartiers, comme une grâce imprévisible née on ne sait comment ? A-t-on déjà vu autant de gens se rencontrer, se parler, dans les rues, les usines, les bureaux, transformant le pays en immense assemblée générale ? » Sur la « quatrième » de couverture , le lecteur découvre le commentaire suivant : « Ce roman entrelace trois récits », certes et le passage de l’un à l’autre ne nuit pas à la bonne compréhension, bien au contraire… Mais l’essentiel réside dans ce double éblouissement amoureux et politique : la chute de l’après mai-juin 1968 avec les désillusions, les abandons…D’un côté il y a ceux qui « continuent à mouliner la rhétorique révolutionnaire » et de l’autre les « convertis, repentis, ralliés aux pouvoirs, acceptant de jouer le jeu et réconciliés avec le monde tel qu’il est »…. L’histoire ne se termine pas là ! Oh que non : il reste l’espoir, l’action concrète, un engagement dans une autre perspective avec la fidélité aux principes…. Jean-François CHALOT

 

 

« 32 jours de mai » roman de Martine Storti éditions « le Bord de l’eau » décembre 2005 198 pages  17€

 

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