Le métier d'animateur par Jean-Marie Mignon

Publié le par Jean-FRançois Chalot

« Le métier d’animateur » nouvelle édition de Jean-Marie Mignon éditions la Découverte avril 2005 140 pages et 25 pages d’annexes 15 €

 

 

 

Du militant au professionnel Par Jean-François Chalot Beaucoup de jeunes, dès leur dix septième anniversaire veulent passer leur BAFA, certains par vocation, d’autres pour obtenir un petit boulot durant les vacances. Pour la plupart il s’agit là d’un petit passage, leur entrée dans la vie active les entraînant vers d’autres horizons. D’autres par choix ou parce qu’ils ne trouvent aucun autre débouché professionnel resteront dans l’animation pour y travailler à temps partiel ou à temps plein. Qu’il est loin le temps des militants qui, nombreux, consacraient bénévolement leurs loisirs à « s’occuper » d’enfants dans les colonies de vacances ou les patronages ! Faut-il se laisser aller à la nostalgie et regretter cette époque ? Certes non ! D’autant plus qu’aujourd’hui, parfois du plus petit bourg à la grande ville, des milliers de centres de loisirs offrent aux enfants et jeunes des activités de découverte et des occasions de construire leurs propres projets. Dès l’après guerre, on est passé d’une dé marc he militante à une autre professionnelle avec des financements publics, une législation de protection des mineurs et un accès au plus grand nombre. «  La fin des années 50 a donc marqué le début du processus de professionnalisation des animateurs. C’est un moment fondateur d’une période toujours actuelle. En effet, à partir de cette période, au moment où les équipements socioculturels nouvellement construits requièrent la présence constante d’un responsable, il n’est plus possible aux animateurs d’être le jour employés en entreprise, enseignants à l’école, et animateurs bénévoles le soir, le week-end ou les congés » Voici là une explication claire et pertinente des évolutions dans ce champ social et culturel…Il n’y a pas une extinction du militantisme mais une évolution, d’ailleurs, si des militants poursuivent notamment dans le cadre du scoutisme une action bénévole, d’autres agissent pour une évolution des structures d’accueils en s’engageant dans la formation et beaucoup militent dans les associations de quartiers…. La demande sociale forte, l’action des mouvements d’éducation populaire et la réflexion des cadres  pédagogiques Jeunesse et Sports se sont conjugués pour qu’un cursus professionnel puisse voir le jour. Jean-Marie Mignon, conseiller technique et pédagogique à la Jeunesse et Sports explique dans ce livre les enjeux de la professionnalisation et nous présente d’une manière « pédagogique » l’architecture actuelle des formations et leur histoire. De nouvelles évolutions sont en cours, des ambiguïtés subsistent avec, entre autres : L’absence d’un niveau III dans le cadre de la filière d’animation de la Fonction Publique Territoriale, le DEFA n’étant pas pris en compte ; Le BAFA qui devient, par défaut un substitut d’un diplôme professionnel de base. Des réflexions sont en cours avec les oppositions entre employeurs et syndicats de salariés sur la notion d’engagement volontaire mais aussi des convergences en ce qui concerne le refus de diplômes au rabais comme le BAPAAT, bricolé dans son coin par la Jeunesse et les Sports. Alors qu’aujourd’hui, le temps libre est de plus en plus appréhendé comme essentiel pour la construction de l’enfant et son épanouissement, ce livre qui présente le métier d’animateur sous toutes ses facettes est un document indispensable permettant aux postulants à l’animation comme à ceux qui sont en poste de mieux maîtriser les enjeux et de choisir leur voie en toute connaissance de cause. Jean-François CHALOT

 

 

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