Elections italiennes : leçons pour la gauche française

Publié le par Rassembler à gauche 77

 Les élections législatives en Italie sont riches d’enseignements pour la gauche française à un an du premier tour de la présidentielle.  

 

  1. Ceux qui prédisaient une victoire écrasante de Romano Prodi grâce à la dynamique supposée de la candidature unique et des primaires se sont trompés. L’« Union de Gauche » a obtenu 49,8 % des suffrages contre 49,7 % pour la « Maison de la Liberté » dirigée par Berlusconi, soit 25 224 voix d’écart sur près de 50 millions d’inscrits et dans un scrutin où la participation a atteint le chiffre record de 83,6 points ! La victoire est totalement méritée, mais courte malheureusement, ce qui prépare des difficultés. 

 

  1. Ceux qui prônaient une victoire assurée par l’orientation « centriste, européenne et atlantiste » revendiquée par R. Prodi ont eu tort. C’est le dégel de l’abstention parmi les catégories populaires qui a fait la différence en faveur de la gauche. En témoignent les bons scores de Rifundazione communiste, des Verts et des Laïques : sans eux, Berlusconi aurait conservé le pouvoir cinq ans de plus. Dans le même temps, les Démocrates de gauche (DS) et la Marguerite, partis de centre gauche, enregistrent un tassement de leur score et des pertes régionales importantes (notamment dans le Piémont et le Latium). C’est grâce au rassemblement à gauche sans exclusive et sans préalable que le candidat Prodi l’a emporté, et non grâce à la tonalité blairiste ou sociale-libérale de sa personnalité.  

 

  1. Ceux qui annonçaient une victoire mécanique de la gauche par rejet du berlusconisme doivent admettre les limites de cette stratégie de l’épouvantail. Le populisme médiatique, donnée nouvelle mais réelle des démocraties modernes, ne se combat pas avec des polémiques, mais par une opposition frontale à sa politique et l’affirmation d’une alternative anti-libérale à la droite. En l’obligeant à l’attaquer au point de ne plus se concentrer que sur leur affrontement, Berlusconi a empêché Prodi de parler aux Italiens de ce qu’ils attendaient d’une nouvelle majorité.  Débarrasser les Italiens du chef de la droite n’est pas un message suffisant pour susciter l’alternance et l’espérance. Exactement comme le rejet de Chirac n’a pas suffi à nous faire qualifier pour le second tour en 2002. Exactement comme l’anti-sarkozysme ne suffira pas à convaincre le peuple de gauche, puis les Français, de nous choisir en 2007. Les responsables politiques doivent proposer, par la confrontation des projets, un clivage net entre la gauche et la droite.  

 

  1. Ceux qui, une fois de plus, ont pensé qu’une élection se joue dans les sondages déchantent face aux résultats des urnes. Donné vainqueur avec six points d’avance quinze jour avant le scrutin, R. Prodi a vu son avance fondre à mesure que l’échéance s’approchait et que sa campagne s’essoufflait. En Espagne avec Aznar, aux Etats-Unis avec Kerry, en France avec le 21 avril ou le référendum, en Italie maintenant, chaque élection le prouve : il faut se méfier de l’effet soporifique des sondages. 

     

Au total, une victoire qu’il faut saluer mais aussi méditer. (RAG77)

 

Publicité

Publié dans Présidentielles 2007

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article