CPE, point de vue Par Pascal Maraux
CPE : Point de vue d’un militant socialiste, syndicaliste et associatif. Par Pascal Maraux, ancien Maire de Nemours.Suite à l’enterrement du CPE, crise de succession avec la naissance du DGE, Danger Grave et Eminent, avec l’arrivée de Sarkozy ou de De Villiers au pouvoir. Le combat doit continuer car les causes réelles de conflits perdurent. Il est des moments de l’histoire où l’on à le sentiment de se trouver à un instant décisif. La période actuelle relève, à mes yeux, de ce qualificatif. Les crises successives que notre pays vient de traverser et qui ne sont pas résolues sur le fond, les enseignements que l’on peut tirer de la situation politique ou sociale dans d’autres pays d’Europe, fixent une exigence. Cette dernière s’exprime sous la forme d’une ardente nécessité qui relève de notre responsabilité de militants Socialistes, faire ce pourquoi nous nous sommes engagés, de la politique et redonner un sens à ce mot. Ecrire sur le CPE, sur d’autres sujets d’actualité, livrer notre analyse, nos sentiments, nos réponses techniques, nos propositions politiques est sans doute une tentation intellectuellement intéressante et un exercice délicat. Beaucoup de choses on déjà été dites ou écrites. Néanmoins l’opinion de militant de terrain peut contribuer au débat. Après la promulgation de Lois qu’elle ne respecte pas (part de l’état dans le capital de GDF, Loi sur le dialogue social,…) l’UMP créé la Loi qui ne s’applique pas. Et oui, Ubu n’est pas mort, c’est grave pour la Démocratie. La bataille politique contre le CPE, qui a vu se rassembler 12 organisations syndicales de salariés et d’étudiants atteste que l’union fait la force. Cette mobilisation a conduit au retrait de deux articles d’une Loi par ailleurs contestable. L’issue de cette bataille se concrétise, aux yeux de certains, par une victoire, mais la bataille juridique autour du CNE commence. Plus encore, dans les mois à venir, c’est la bataille décisive pour la démocratie et contre le libéralisme qu’il conviendra de mener pour commencer la reconstruction d’une société plus juste, plus solidaire et plus fraternelle. Lors de toutes les manifestations auxquelles j’ai participé, nombreux sont ceux qui sont venu me dire qu’ils ne souhaitaient pas nous voir nous arrêter au milieu du gué. Une réflexion de fond sur la sécurisation des parcours professionnels, sur la précarité et sur l’insertion des jeunes est nécessaire et indispensable. Les organisations syndicales étudiantes doivent y être associées au côté des organisations de salariés. La société civile à un rôle à jouer. La déclinaison politique en établissant des actes concrets, de la part des Partis Politiques et de la représentation nationale, via les institutions parlementaires, est indispensable. C’est, à l’avenir, sur la base du dialogue social et citoyen que doivent se construire les réponses aux défis auxquels nous sommes confrontés. Les mots gâchis, fiasco, perte de temps sont les qualificatifs employés par la population pour décrire la situation. Elle nous regarde et observe nos comportements. L’empilement de contrats différents, souvent précaires, (CPE, CNE, CDI, CDD, toutes les formes de contrats aidés, vacataires, contractuels, ….) ajoute une couche à un mille feuilles indigeste. Des réformes sont nécessaires, conduisons les avec une méthode qui ne permette pas de trouver dans le prétendu conservatisme populaire les alibis indispensables à ceux qui ne veulent pas les mettre en œuvre mais instituer la suprématie du libéralisme sur notre société. Au-delà des aspects intellectuels et de mes engagements établis, j’avais envie de redonner un sens à mon action politique, prêt à travailler, j’ai trouvé auprès de Rassembler à Gauche 77 les moyens de le concrétiser. Pascal Maraux, ancien Maire de Nemours