Jamais nous n'aurons eu autant de pouvoir, ni de responsabilité, par Jean-Francis Dauriac

Publié le par Jean-Francis Dauriac, membre du Conseil National du PS

Jamais nous n’aurons eu autant de pouvoir, ni de responsabilité. Par Jean-Francis Dauriac. Les trois candidats ont de nombreuses qualités et seront de toute façon indispensables à la victoire de la Gauche. Tous incarnent dans notre parti des sensibilités et des particularités qui seront utiles et nécessaires dans notre avenir, au de là de la seule échéance présidentielle. Deux lignes politiques ressortent des débats  Une ligne de gauche d’un socialisme à la française que Lionel Jospin se plaisait à opposer à la social démocratie et à Tony Blair, incarnée aujourd’hui par Laurent Fabius. Et une ligne social-démocrate dans laquelle se retrouvent Dominique Strauss  et avec une variante sans doute plus libérale, Ségolène Royal. Du choix de chaque adhérent du Parti Socialiste, dépendra donc l’avenir de notre parti, mais aussi de la gauche et de notre pays. S’il n’y a qu’un seul tour, le choix ne sera jamais véritablement tranché. S’il y en a deux le Parti Socialiste pourra enfin entreprendre sa « rénovation » en s’appuyant sur deux lignes politiques claires et compréhensibles par tous les français.  

 

Quel est le véritable enjeu de cette désignation interne du Parti Socialiste ? Il n’est ni de marquer notre préférence pour tel ou telle responsable politique, ni celui plus habituel des Congrès de notre parti. L’enjeu est de choisir celle ou celui qui sera le mieux à même de diriger notre pays dans un contexte national et international très difficiles. Il est de choisir celle ou celui qui sera le ou la plus solide pour affronter et battre la droite dans une campagne électorale qui sera, n’en doutons pas d’une violence extrême. Et il y a malheureusement  fort à parier que les coups les plus bas seront utilisés. Très sceptiques sur les sondages et modes éphémères que suivent les médias, nous savons tous qu’ils prévoyaient six mois avant le vote la victoire du OUI à 80% lors du référendum sur la constitution européenne. Ils nous promettaient la victoire d’Edouard Balladur, et nous avons eu Jacques Chirac, celle de Michel Rocard et nous avons eu François Mitterrand. Nous pensons que Laurent Fabius est le mieux à même de mener ce combat et de diriger le pays pour au moins trois raisons. 

 

La première raison est qu’aucune victoire ne sera possible sans rassembler les voix des électeurs de gauche et ceux qui sont surtout sensibles aux valeurs laïques et républicaines. Le souvenir du 21 Avril 2002 n’est pas si loin. Or les 200 000 voix qui ont manqué à Lionel Jospin se sont dispersées sur Besancenot, Taubira et Chevènement. Ces électeurs se sont radicalisés et mobilisés lors de la lutte contre les Lois Fillon sur les retraites, contre le CPE. Il est aujourd’hui prouvé qu’ils ont très largement voté NON lors du référendum sur le traité constitutionnel européen.  Il y a peu de chance qu’ils se retrouvent dans des positions centristes, social libérales ou social démocrates. Or Laurent Fabius est celui des 3 candidats qui défend la ligne politique la plus clairement à gauche, et qui affirme le plus ses convictions laïques et républicaines, quand d’autres se sont dit dans le passé favorables aux quotas, au port du voile, à la réservation d’horaires pour les filles dans les piscines ou les cantines. Le positionnement de Laurent Fabius est donc le seul  susceptible de leur donner envie de voter pour le candidat du PS dès le premier tour. Croire que c’est automatiquement acquis quelque soit le candidat reviendrait à faire la même erreur qu’en 2002. Imaginer qu’on peut gagner sans eux serait un leurre.

 

La seconde raison est qu’il est le candidat dont les propositions sont les plus claires, précises et concrètes. Le rôle d’un responsable politique et d’un candidat à la Présidence de la république ne saurait se limiter à décrire ce qui ne va pas, à lancer des idées au grès de l‘actualité Et pour faire ce que l’on dit et promet, encore faut-il dire ce que l’on veut faire.  Quelques exemples : Quand Laurent Fabius prône la revalorisation du pouvoir d’achat et des minimas sociaux, qu’il en chiffre le montant et date les premières mesures, c’est concret et précis. Il le proposait déjà lors du dernier Congrès et c’est à présent le projet du parti socialiste. Quand il propose de revenir à la retraite à 60 ans et d’en porter le montant minimum au niveau du SMIC, en les finançant par l’élargissement des cotisations à l’ensemble des revenus et plus seulement aux seuls revenus du salariat, c’est concret et précis. Il le proposait déjà lors du dernier Congrès et c’est à présent le projet du parti socialiste. Quand Laurent Fabius parle de développement durable et de social-écologie, il propose un plan de reconquête des ressources naturelles, un plan pour les villes écologiques, une loi programme sur 5 ans, et un Vice Premier Ministre en charge du développement durable comme le préconise Nicolas Hugot , c’est concret et précis. Quand il propose contre les délocalisations la création d’une Agence de « réindustrialisation », une procédure d’alerte pour permettre aux pouvoirs publics de proposer des contre projets, l’obligation par la Loi de faire prendre en charge par les entreprises qui délocalisent les charges de reconversion, et celle d’obtenir le remboursement des aides publiques qu’elles ont perçues, c’est concret et précis. Quand sur le Logement, il propose un droit au logement opposable et de substituer l’Etat aux communes lorsqu’elles ne respectent pas l’obligation d’avoir 25% de logements sociaux, c’est concret et précis. Ile proposait lors du dernier Congrès et c’est à présent le projet du Parti Socialiste, comme il proposait de revenir à une République parlementaire et non pas à un système présidentiel, ce qui est maintenant le projet du Parti Socialiste, même si d’autres candidats prétendent strictement l’inverse. 

 

La troisième raison est qu’il nous paraît être le candidat le plus « solide et expérimenté ». La campagne présidentielle sera une épreuve Sa compétence en matière internationale est reconnue et a été largement confirmée par le débat télévisé qui a été consacré à ce sujet. Or c’est la vocation première d’un Président de la République quel qu’en soit le régime institutionnel. Et les épreuve qu’il a subi par exemple à travers l’affaire dite du « sang contaminé » n’ont pas sans doute pas manqué de renforcer son sang froid, sa capacité d’endurer des épreuves et de les surmonter, autant de qualités pour battre la droite dans une campagne électorale qui sera très dure et  qui sont utiles pour diriger un pays dans des périodes très mouvementées. Car, la justice l’a non seulement innocenté, mais a salué son action décisive pour que la France soit le 3ème pays en Europe et le 5ème au monde à avoir rendu obligatoire le dépistage du Sida. Pour autant, les blessures qu’ont subi ses proches et ses propres enfants ne peuvent laisser un homme insensible ni indifférent. Nous notons contre ses détracteurs que son silence pudique après tant d’années, eu égard au drame de ceux  qui sont morts du sida, l’honore véritablement . 

 

En conclusion voici trois raisons objectives de choisir Laurent Fabius et la ligne politique qu’il représente: le rassemblement et la mobilisation de la partie de la gauche qui nous a fait défaut en 2002, des propositions claires et concrètes, et des qualités personnelles indispensables « d’homme d’Etat », forgées par l’expérience et la solidité dans l’épreuve. A ces trois raisons doit s’ajouter la nécessaire clarification des deux sensibilités, qui coexistent au sein de la gauche et du Parti Socialiste: la ligne la plus à gauche d’un socialisme à réinventer et la social démocratie largement répandue depuis plus d’un demi siècle dans les pays voisins, que nous avons jusqu’ici combattue. Au de là des convictions de chacun, qui sont toutes respectables, ceux qui voteront Laurent Fabius imposeront un deuxième tour et permettront  enfin la rénovation de la vie politique sur des bases idéologiques plus claires et lisibles pour tous les français.  Force est de constater que jamais un militant socialiste n’aura eu autant de pouvoir ni de responsabilité. Sachons en profiter en votant avec raison et conviction. Pour l’honneur de notre parti, de la gauche et de la démocratie.  Jean-Francis Dauriac

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Publié dans Présidentielles 2007

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