Affaire Robert Redeker: la position de Laurent Fabius

Publié le par Rassembler à gauche 77

Affaire Redeker : la position de Laurent Fabius : Robert Redeker, professeur de philosophie à Toulouse, a publié une tribune virulente dans Le Figaro la semaine passée. Celle-ci a été jugée « blasphématoire » par des groupes religieux intégristes. Un site internet a publié sa photo, révélé son adresse, et encouragé les « fidèles » à l’assassiner. Depuis, Monsieur Redeker est contraint de se cacher. Sa vie est en danger. Je condamne avec la plus grande fermeté les « fatwas » lancées à son encontre. Elles sont inacceptables dans notre République. La vie de Robert Redeker et la liberté d’expression doivent être défendues. Sans état d’âme. Je suis donc choqué que l’interdiction de parole qui pèse dorénavant sur cet homme ne semble émouvoir que modérément le Ministre de l’Education, Gilles de Robien, qui lui a enjoint, en tant que fonctionnaire, de se montrer « prudent, modéré, et avisé en toutes circonstances ». J’aimerais au contraire que le débat puisse s’engager avec Robert Redeker, qu’il puisse s’exprimer librement et que ceux qui le souhaitent puissent lui apporter la contradiction et démontrer le caractère outrancier de son propos.

Pour en avoir le cœur net, j’ai lu la tribune publiée par Robert Redeker dans le journal Le Figaro. Je le dis : cela me semble un mauvais texte, truffé de raccourcis de pensées, d’affirmations sans démonstration et de généralisations abusives. Robert Redeker tente d’accréditer l’idée d’un monde binaire, opposant l’Occident – le camp du Bien – et l’Islam – le camp du Mal. Je ne partage absolument pas cette vision. C’est ignorer que nos sociétés sont complexes, traversées par de nombreuses contradictions. On aurait espéré d’un professeur de philosophie plus de rigueur intellectuelle et moins de provocation. Au demeurant, j’ai pensé que la charge était si violente et approximative qu’elle ne pouvait pas convaincre grand monde. Encore faut-il pouvoir lire cette tribune pour s’en rendre compte.

Cet épisode, comme d’autres, est révélateur d’une époque marquée par une offensive de certains religieux. Elle ne concerne pas seulement l’Islam. Rappelons-nous dans un autre contexte le vif débat à propos des racines chrétiennes de l’Europe que certains voulaient inscrire dans le projet de Constitution européenne. C’est une évolution inquiétante car elle construit, petit à petit, un monde où des murs se dressent entre les opinions, où chacun tend à radicaliser ses positions et où l’Autre est rejeté, nié, condamné, excommunié. Pour répondre à cette menace, il faut refuser le prétendu choix binaire que certains aimeraient nous imposer entre concession sur le terrain de la liberté d’expression et diabolisation de l’Autre. Il ne faut pas tomber dans ce piège.

Il y a au contraire de la place pour un dialogue exigeant mais serein. A cela, une condition : le respect de règles du jeu communes. Ce cadre minimum de dialogue, de compréhension et d’écoute mutuelle, ce garde-fou empêchant la société de se fragmenter en une multitude de groupes refermés sur eux-mêmes et belliqueux, s’appelle la laïcité. C’est le garant de notre unité nationale dans le plein respect des croyances de chacun. Et c’est tout le sens de mon attachement profond à cette valeur plus que jamais indispensable. C’est pourquoi, j’ai eu l’occasion, dans un billet précédent, de critiquer les prises de position de Nicolas Sarkozy qui témoignent d’une dangereuse dérive communautariste. Pour le moment, Jacques Chirac est resté silencieux dans cette affaire. J’attends de lui qu’il prenne ses responsabilités sur un sujet qui est au cœur de notre pacte républicain. En tant que chef de l’Etat, il lui appartient de rappeler la loi fondamentale : « La France est une République laïque, indivisible, démocratique et sociale ». En ces quatre termes, c’est l’essence de la République qui est exprimée. S’il faut répondre à Monsieur Redeker, c’est avec des mots et seulement avec des mots. Si ses propos sont diffamatoires, il existe des tribunaux pour en juger. Le reste est inacceptable.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Rappel : Qu’est ce que l’affaire Receker ? Robert Redeker, prof de philo dans la région de Toulouse et animateur historique de la revue les "Temps modernes" lance un S OS (lettre adressée à André Glucksman).Pour avoir osé critiquer l'islam dans un article publié la semaine dernière par le Figaro (19 sept.06), il a dû quitter son travail et son domicile pour se réfugier dans la clandestinité, victime d'une véritable fatwa dans la France de 2006 !Le titre de l'article incriminé doit nous interpeller : "face aux intimidations islamistes, que doit faire le monde libre ?" Il est URGENT de s'interroger en effet ! Ecouter l'interview sur Europe1

 

 

 

Pétition de soutien à Robert Redeker : Contre la barbarie, le soutien à Robert Redeker doit être sans réserve

 

Source : Vigilance Laïque http://vigilance-laique.over-blog.com

 

 

 

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Publié dans Présidentielles 2007

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