FABIUS CONTRE "LA SOCIÉTÉ DU KARCHER ET DU MARTINET"
A l’entendre, un duel réduit à Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal conduirait à l’impasse, en raison de leurs prises de position sur la sécurité, notamment. "La société du karcher et du martinet, à qui fera-t-on croire qu’il s’agit là d’un choix mobilisateur", s’est exclamé Laurent Fabius. De même, "le scolaire n’est pas le militaire", a-t-il ajouté, une référence à l’encadrement militaire des jeunes délinquants souhaité par Ségolène Royal. "En ce qui me concerne, je le dis clairement : mon projet sera le projet des socialistes", a-t-il dit, se targuant que ses propositions soient "au coeur du projet" approuvé vendredi par 85 % des militants. Le député normand a reproché à "des dirigeantes ou des dirigeants" de "commencer par le contredire ou l’amoindrir", prenant l’exemple de "la renationalisation d’EDF-GDF" qui y figure. Le propos visait Mme Royal et Dominique Strauss-Kahn. Histoire de souligner la différence gauche-droite, M. Fabius a éreinté Nicolas Sarkozy, "Monsieur Supercherie" ou encore "le spécialiste des cadeaux fiscaux pour les plus riches, autoproclamé bienfaiteur du pouvoir d’achat des ouvriers et employés". Le candidat à l’investiture s’est fait l’apôtre du rassemblement de la gauche. "Ce n’est certainement pas en chapitrant nos alliés naturels - communistes, Verts, radicaux, citoyens - tout en laissant entendre que nous n’appliquerions pas nous-mêmes notre projet que nous pourrons les unir dans un contrat de gouvernement", a-t-il averti. Laurent Fabius n’a pas manqué de cultiver les symboles de la gauche, comme le Smic, pour lequel il a proposé une hausse de 6 % "dès l’été 2007".