Ni Royal, ni Sarkozy
GRAND-QUEVILLY (Seine-Maritime) (Reuters) - Laurent Fabius s'est présenté comme le seul candidat à l'investiture présidentielle du PS capable de rassembler la gauche "sur un contenu de gauche, c'est-à-dire ni sarkozyste, ni blairiste", une catégorie dans laquelle il range Ségolène Royal. Lors de son premier grand meeting de campagne interne au Grand-Quevilly, dans la banlieue de Rouen, l'ancien Premier ministre n'a pas cité une seule fois le nom de la "présidentiable" socialiste préférée des sondages mais lui a réservé la majeure partie de ses attaques. Devant plus de 2.000 de ses partisans, il a dénoncé la "société du Kärcher ou du martinet", références implicites au ministre de l'Intérieur et à la présidente de Poitou-Charentes. "C'est autour du changement que M. Sarkozy médiatisera sa propagande pour la France d'après alors qu'il est coresponsable des graves difficultés de la France d'avant et de maintenant. Et il poussera la supercherie jusqu'à parler de rupture, lui qui depuis tant d'années est non seulement au pouvoir mais le pouvoir", a estimé Laurent Fabius. "La réalité est que notre adversaire probable (...) M. Sarkozy est d'abord M. Supercherie", a-t-il ironisé sous les applaudissements. Côté socialiste, Laurent Fabius s'est élevé contre la confusion des genres, engendrée selon lui par les prises de position de Ségolène Royal. "Non, notre campagne ne copiera pas concernant la sécurité les méthodes de droite qui ont échoué. C'est sur l'économique et le social que d'abord nous ferons porter tout notre effort", a-t-il promis. "Le scolaire, pas le militaire", a-t-il lancé en faisant référence à la proposition de Ségolène Royal de placer les délinquants adolescents dans des établissements sous encadrement militaire. "Ne remplaçons pas le politique par le médiatique. Ne mélangeons pas notre gauche et notre droite. En ce qui me concerne, je le dis clairement: mon projet sera le projet des socialistes", a insisté le député de Seine-Maritime