Avec Laurent Fabius, sept propositions pour répondre à l'urgence sociale
7 propositions pour répondre à l’urgence sociale: 1/ Soutenir le pouvoir d’achat des salariés et des retraités : SMIC à 1500 € comme nous l’avions proposé avec force dès le Congrès du Mans, minimum retraite garanti d’au moins 1000 € et réexamen de la règle des 25 meilleures années, fusion progressive de l’IR et de la CSG pour libérer du pouvoir d’achat en faveur des salariés modestes. 2/ Lutter contre la précarité du travail : outre la sécurité professionnelle avec l’institution d’un crédit formation et la taxation du recours au travail précaire, nous devons viser à créer sur la législature environ 500 000 emplois sécurité formation pour les jeunes sans formation, lesquels ont vocation à déboucher sur des CDI dans l’entreprise. Le chômage des jeunes est d’abord le chômage des jeunes sans qualification. Nous devons y répondre par une mobilisation sans précédent du service public de l’emploi, de la formation et des entreprises. Ce dispositif en faveur des jeunes devra être discuté avec les partenaires sociaux, ne donnons pas l’impression d’être hésitants sur sa nécessité. 3/ Redonner à l’école son rôle de promotion républicaine : service public de la petite enfance et scolarité obligatoire à trois ans, renforcement de l’encadrement dans les zones prioritaires, pré-recrutement d’enseignants dans les quartiers populaires, augmentation significative de la dotation des universités, refus de remettre en cause la carte scolaire, le caractère national des universités et la mission première des enseignants (transmission du savoir dans le cadre du lien pédagogique). 4/ Faire du logement une grande cause nationale et aller vers le droit au logement opposable : outre la construction de 120 000 logements sociaux par an, service universel gratuit de caution locataires propriétaires, application effective d’un indice permettant de freiner la hausse des loyers, principe du zéro subvention d’équipement pour les communes qui refusent d’appliquer la loi SRU - et non pas le seul renchérissement des pénalités financières qui ne dissuade pas réellement les communes anti-mixité. 5/ Restaurer des services publics forts sur l’ensemble du territoire : un signe net doit être donné en ce sens par la reconquête du capital - et non seulement du contrôle - 100 % public d’EDF et GDF. Il ne faut pas seulement veiller aux missions de service public, il faut garantir la présence et la spécificité des services publics sur l’ensemble du territoire. D’autres engagements sont attendus par les Français : un service public de l’eau ; l’obligation d’installation des médecins sur l’ensemble du territoire et des plans nationaux de prévention ; l’interdiction de fumer dans les lieux publics et la lutte contre l’obésité.6/ Nous préparer vraiment au vieillissement de notre société : le vieillissement est l’un des défis les plus importants ; les familles et les collectivités locales ont souvent le sentiment de devoir le relever seules ; les réponses et les efforts qu’il réclame ne peuvent pas être absentes de notre projet ; des mesures puissantes de solidarité devront être décidées pour la prise en charge des personnes âgées dépendantes (soutien à domicile, financement des structures collectives, APA, Alzheimer, etc...). Il faut avoir le courage de dire que la prise en charge de la dépendance sous toutes ses formes (vieillissement et handicap) représentera de l’ordre d’1 point de CSG et que cette mesure est plus juste que la suppression d’un jour férié. 7/ Un signal fort de confiance doit être envoyé aux jeunes : des états généraux de la jeunesse seront réunis dans les six mois qui suivent l’élection présidentielle, afin d’adopter, après cette vaste consultation, des mesures aussi importantes qu’un service civique obligatoire de six mois et la reconnaissance des libertés numériques. C’est aussi dans ce cadre que sera examinée l’allocation autonomie pour tous les jeunes en formation ou en insertion.