Présidentielles: choix politique ou suicide collectif !

Publié le par Jean-Francis Dauriac

L'heure de la désignation du candidat aux élections présidentielles arrive. Elle placera les militants socialistes en face de leurs responsabilités. Car il ne suffit pas de d'attendre le projet . Pas plus qu'il ne suffit dénoncer la droite et ce qu'elle fait ou ne fait pas. Ni de dénoncer le vide politique de notre pays, qui fait tant le jeu de l'extrême droite. Pour gagner, notre projet devra bien être porté par des hommes et des femmes, capables de rassembler et de diriger le pays. Dans un monde de plus en plus impitoyable avec les plus faibles. Et dans un Pays et une Europe de plus en plus enclins à la résignation. Parce que le PS reste le premier parti de l'opposition, le choix des militants socialistes sera déterminant et décisif. Et pour redonner son sens à la politique, soit ils se baseront sur des critères politiques, soit ils conduiront dans le mur et la gauche et peut être tout autant, la démocratie. Car, au de là des questions de personnes, un vrai clivage politique s'opére trés nettement dans notre parti.

D'une part, les partisans d'une gauche à  la "Tony Blair". C'est ce que semble vouloir incarner Ségolèe Royal. On s'accommode tant bien que mal du libéralisme et des contraintes économiques et on s'en partage ce qu'ils nous laissent. On s'inscrit dans les valeurs prédominantes du moment: "la famille, la sécurité, l'ordre social et même moral". On s'accommode comme l'on peut de la précarité et de la restriction de libertés avec quelques palliatifs pour limiter la contestation. On présente comme un luxe archaïque et dépassé les systèmes sociaux les plus avancés, comme celui de la France. On négocie la remise en cause du droit du travail au nom de la "flex-sécurité", celle de la retraite et de la sécurité sociale au nom des déficits budgétaires, les libertés au nom de la sécurité etc....On habille le tout du réalisme politique, voire d'un réformisme- subtil équilibre d'avancées mineures et de régressions majeures.  Et on prépare secrètement une réforme des institutions, qui nous permettrait de gouverner durablement avec le centre et les démocrates chrétiens de François Bayrou.

D'autre part, le rassemblement de la gauche, autour d'une véritable politique de gauche. Qu'est ce à dire ?  Que le libéralisme est aujourd'hui plus fort et en bonne santé que jamais. Grâce à la mondialisation économique, il échappe aux contrepouvoirs politiques traditionnels. Cela permet aux entreprises, par la seule menace de délocaliser, de remettre en question les systèmes sociaux de protection les plus coûteux,  et de limiter au maximum  la redistribution des richesses. Et chose nouvelle de limiter l'emploi tout en dégageant des marges bénéficiaires sans précédent. Qu'il n'y a pas d'autres issues pour limiter son emprise, que de renforcer les contrepouvoirs, au premier rang desquels se trouve le pouvoir politique. Encore faut il que celui ci retrouve sa raison d'être et d'exister:  c'est de faire vraiment de la politique, c'est à dire de réaffirmer le champs du possible et de retrouver celui du souhaitable. Non seulement défendre nos acquis, mais en conquérir de nouveaux. Au service toujours de la justice et de la solidarité, au service d'abord des plus fragiles, des plus pauvres et déshérités. Encore faut il qu'il soit déterminé à préserver ce qui fait la grandeur de la France: la République, la laïcité, la sécurité sociale, le droit du travail, la retraite et l'éducation pour tous. Encore faut il que le pouvoir redevienne politique, c'est à dire qu'il s'oblige à faire peser plus fort l'interet général que les interets particuliers, l'interet de l'Homme  que celui de l'économie, qui est, et doit rester à son service,  et non l'inverse.

Tous sont socialistes et devront légitimement gouverner ensembles. Mais celle ou celui que nous désignerons, fera, qu'ils gouverneront sur une ligne politique ou sur une autre. Et c'est bien là, l'enjeu essentiel. C'est pourquoi de nouveaux clivages et de nouvelles alliances vont s'opérer dans notre parti.

Le choix  est au de là des personnes.  Parce que les socialistes en sont conscients, il sera politique et pas seulement fondé sur les sondages, comme toujours incertains et volatiles, encore moins sur la couleur de la cravate, le sexe des anges, ou la sympathie que chacun des candidats peut ou non inspirer. On a vu ce que cela donnait lors des  dernières élections présidentielles.  Beaucoup ont voté au premier tour  pour celle ou celui qu'ils "aimaient bien"....On a vu le résultat.  Choisir un Président de la République, ne peut pas se limiter à choisir celle ou celui, avec lequel on aimerait faire une partie de cartes, ni passer une soirée. Des hommes et des femmes sont morts pour la démocratie et le droit de vote. Dans le monde d'aujourd'hui, beaucoup en rêvent et luttent au péril de leur vie. Persister dans de tels critères -tels des enfants gâtés - serait insultant et dangereux.

C'est cela que devront indiquer, à notre parti et à notre pays, les militants socialistes, en choisissant leur candidat à la présidentielle. Et parce qu'il s'agit d'un enjeu essentiel pour le socialisme, la gauche, et notre pays, nous sommes prêts à travailler et à nous battre avec toutes celles et tous ceux qui croient encore  à la gauche et à la politique. Mais il doit s'agir d'un choix politique. A défaut il s'agira d'un véritable suicide collectif.  Jean-Francis Dauriac

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Publié dans Présidentielles 2007

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F
Bravo, Jean Francis. Tu as tout dit. Maintenant comment le faire comprendre aux militants PS qui risqueraient de se laisser séduire par une starlette qui n'a pas grand chose de sérieux à dire aux Français.
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R
Le temps et le moment sont en politique un élément important. Médias et sondages ne font pas forcement  gagner .Souvenons nous de Balladur contre Chirac, de Rocard contre Mitterrand et plus récemment des sondages pour JP Chevènement, et du référendum sur l'Europe. les militants le savent. De plus, beaucoup de nos dirigeants initialement candidats à la candidature  s'imaginent assez mal se ranger derrière Ségolène Royal et la ligne politique qu'elle commence à incarner. Et beaucoup de nos camarades sur le terrain au de là de la séduction et du simple fait qu'ils aimeraient voir une femme aux plus hautes fonctions sont profondément hostiles à ce que représente Tony Blair. Le rassemblement à gauche dans le parti n'a donc  fait que commencer et je demeur persuadé qu'il ne peut que s'élargir. de nouvelles alliances ne manqueront pas d'intervenir dans le parti renforçant et notre position et notre ligne politique .  Jean-Francis