Et si on recommençait à faire de la politique avec un grand « P » ?

Publié le par Jean-Francis Dauriac

Saluons d’abord la qualité du débat qui s’est instauré dans notre fédération. Car on ne peut revendiquer plus de politique, prétendre qu’elle est le seul moyen de permettre à l’Homme de maitriser sa destinée, de ne plus le soumettre au « diktat » de l’économie, et continer de nier le courage et l’abnégation des quelques uns qui luttent quotidiennement, pour convaincre et mobiliser, quelles que soient leurs options et se voir continuellement reprocher l'inertie du parti.

Mon opinion est que nous sous-estimons l’arrivée d’une crise sans précédent, qui n’en est qu’à ses balbutiements et qui va bouleverser en profondeur non seulement les clivages actuels, mais aussi les modalités de l’action poltique.  Même s’il est de bon ton de le nier pour rassurer les acteurs économiques, l’essentiel de la vraie crise économique et sociale est devant nous. Et les changements qu’elle va entraîner appellent de notre part trois réactions.  

1/ Reconnaître notre faiblesse et  le besoin de changement:  Nous savons tous à quel point les français et la gauche en veulent au Parti socialiste, nous en veulent, pour notre échec aux présidentielles , nos divisions internes, notre incapacité à parler d’une même voix. On ne peut dire à présent à notre électorat : « on vous a compris, mais on garde les mêmes » et honorer François Hollande, même caché derrière Delanoë. Ce serait ne rien comprendre aux rancoeurs de l’électorat de la gauche qui nous est indispensable pour gagner demain et offrir une alternative crédible.

2/ Prouver notre capacité à rassembler: L’heure n’est plus aux querelles internes, mais au dépassement de nos clivages passés et artificiels. Toutes les motions prétendent rassembler, mais presque toutes disent paradoxalement avec qui elles ne veulent pas travailler. Les libéraux Hollande/Delanoë ne veulent pas de Mélenchon/Hamon. Melenchon/Hamon ne veulent pas des libéraux Hollande/Delanoë. La motion D est la seule qui montre sa détermination et sa capacité à dépasser les clivages anciens pour préparer l’avenir. La seule qui réunit des partisans du OUI au référendum européen et des partisans du NON.

3/ Assumer d’être de gauche et socialistes: L’heure n’est plus à peser pour influencer le parti sur une ligne de gauche, comme le propose la motion Hamon/Mélenchon, mais à faire en sorte que le parti tout entier se rassemble sur une ligne et des valeurs authentiquement de  gauche et autour d’un socialisme décomplexé.

Avec Martine Aubry, à laquelle on doit non seulement les 35H00 , mais aussi la Couverture Maladie Universelle (CMU), et bien d’autres réformes authentiquement de gauche, nous saurons démontrer que nous savons traduire nos idées par des actions concrètes. Que nous serons en mesure de répondre à un avenir, que chacun sait de plus en plus incertain et difficile.

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Publié dans Congrés 2008

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